ON A DEMENAGE .....pas très loin

Après des mois de tractations plus ou moins scabreuses avec l'ancien propriétaire, des mois de bricolage approximatif, de baisses de tension vaincues à coup de Ginseng, nous avons enfin emménagé dans notre nouveau (et tout beau) local.

Oh pas bien loin hein..à peine quelques dizaines de mètres plus avant dans la rue.

Et c'est ainsi qu'à partir de tout de suite nous serons heureux de vous retrouver au 18 de la rue des Capucins, toujours (sauf erreur de ma part) dans le 1er Arrondissement.

Amitiés à toutes et à tous,

AIR 09 : Comme c'était biennnnn !!!

Nous nous sommes plu à vous rencontrer aux Subsistances, à refaire le monde et accessoirement celui de la littérature, à vos côtés, un rosé à la main, et parfois même un bouquin dans l'autre.

Nous nous sommes plu à rencontrer des auteurs comme Bissoondath, Thirwell ou Burnside (le bien nommé), et j'en passe (parce que pour une fois, j'vais faire court)

Nous nous sommes vraiment plu à être accueillis par, dans le désordre, Sandrine, Garçon, les Isabelle, Jean-Pierre, Cédric, Violaine, Sally, Jeanne, bref toute l'équipe et j'en oublie, des techniciens, photographes, et toutes les petites mains (les mal nommées).

Nous nous sommes vraiment plu à assister à quelques lectures, tables-rondes débats, et autres signatures.

Nous nous sommes évidemment plu mais alors vraiment, à vous conseiller des lectures, j'dirais plus qu'à vous vendre des livres.

Merci.

Merci aux lecteurs, merci aux visiteurs, et bien entendu merci aux organisateurs, Walter Guy et Bouvard Cathy.

Cette année encore vous avez gagné votre pari et nous vous sommes reconnaissants de nous avoir associés à cette aventure.

Merci. Merci. Merci.

Nous reviendrons donc prochainement sur une sorte de compte rendu nécessairement foutraque de "nos" Assises dans l'espoir qu'il vous conforte dans l'idée que la littérature compte probablement parmi les plus importants espaces de liberté et de plaisir.....

...à côté de se dorer la pilule, gagner le Quinté +, voir ses mômes se tirer de la maison, participer à une manif où la clique des dirigeants syndicaux serait huée.

Cette liste n'est pas, vous l'aurez compris, exhaustive.

Bref, lire c'est vivre et pas qu'un peu. et pas nécessairement par procuration.

à toutes et à tous un TRÈS GRAND MERCI.

à très bientôt.

des livres biens pour gens de bien

Mon corps est un champs de bataille.

C'est avec ce genre de titre qu'on se dit quand on est un gars que c'est pas mal d'être ...un gars au lieu d'une "go", comprenez une fille, voire en la matière une femme. j'veux dire, comme ça, à priori, c'est plus "facile"

évidemment vous me direz qu'en tant que femme (si vous êtes une femme), c'est pour vous tout sauf une nouvelle neuve. en plus vous seriez tenté de penser "qu'on est parti pour se faire passablement ch..." pire, que ce genre de laïus sur la pilosité mortifère, et les règles difficiles, ben ça commence sérieusement à casser les... ovaires.

mais voilà, si vous êtes pas une femme et ben si, il est probable que la lecture de ces textes constituent pleins de nouvelles neuves. ensuite et même si vous l'êtes (femme), vous y trouverez matière à (enfin) vous fiche mais comme d'une guigne de la pilosité mortifère.

joliment écrit par de nombreuses personnalités féminines, ce recueil de texte réconciliera les unes avec leur "nature" (comme je déteste ce mot !), et les autres (homme) avec celles qu'ils feignent de connaître.

Mon corps est un champs de bataille rappellera enfin à tous les réacs (hommes + femmes) version Ben 1.6 que la guerre est de toutes manières perdue d'avance.

Le Petit Cupidon

Quand on pose la question "connaissez-vous Pascal Quignard ?" le commun des mortels nous répond par un laconique
- Non !
quand on précise à ce mortel commun qu'il est possible qu'il ait visionné "tous les matins du monde", disons (très) vite fait: film sur la viole avec des joueurs de viole, ce dernier nous répond
- aahhhhhh ouiiiii. très beau film. mais vraiment très beau film et d'une sensibilité et...
bref, on connaît tous quignard sans le connaître. et pour cause, c'est à peine si on n'ose dénombrer sa production. en ce qui le concerne prolifique n'est pas un vain mot. mais alors pas du tout.

mais nous ce qui nous intéresse c'est pas tant de vous effrayer avec la posture du géant littéraire voire du monstre mais plutôt de vous inciter à lire une perle, une friandise, une mignardise (comme ce mot est joli) de l'auteur.

Le petit cupidon.

l'histoire est sommes toutes banale. quelqu'un nous raconte un fait survenu il y a bien des années. ce quelqu'un est une femme, ce fait une (presque) pathétique histoire de zézette. pas de quoi battre un âne à part si ce dernier siège à l'Elysée.

mais voilà, si en fait, il y a de quoi battre un âne (surtout si...) car la narration s'incarne au fur et à mesure qu'elle se déroule. elle s'incarne parce que l'écriture lui donne corps, votre corps. en cela réside le talent de quignard, tour à tour vous êtes la jeune femme devenue vieille puis à nouveau jeune et pas belle et amère de ce que la rencontre avec l'homme a produit. amère et paradoxalement sereine. et vous êtes l'homme aussi, bellâtre priapique, apte et idoine aux jeux de l'amour (encore que..) mais tellement homme, comprenez pas même fichu de prendre ce qu'on lui donne quand on lui donne.

vous êtes un petit cupidon.

mais le meilleur comme souvent est pour la fin, aussi n'en dirais-je pas plus. ah si ce livre procure une expérience concrète de la honte, et ce faisant il n'est pas impossible qu'il vous hante encore quelques temps, bieeen longtemps après lecture.


Tuer Catherine

encore un titre qui fait mal.

cela dit même s'il est question d'abattre cette chiennasse de catherine (si y'a une catherine dans la salle qu'elle le prenne pas pour elle), la lecture du roman nous incite plutôt à faire preuve de compassion (nom de dieu encore une expression catholico-compatible) à l'endroit de Nina.

Nina c'est Nina Yargekov, l'auteure; ça claque comme un blaze mais on va pas se formaliser pour ça d'autant qu'on est pas sûr, et pis de toutes façons on s'en fiche. bref, toujours est-il qu'elle se retrouve squattée par un personnage haut en couleur qui se prénomme catherine. à toujours faire son intéressante, à se la raconter comme on dit ou plus prosaïquement à faire chier.

quand je dis squatte, je fais allusion à un squatte mental, ah oui parce que catherine, en fait elle existe pas. pas en vrai quoi ! tout ça c'est dans la tête de Nina.

Pas qu'elle soit barrée Nina, pas au point de pas se rendre compte qu'elle est barrée j'veux dire, alors aux grand maux, les grands remèdes, elle a décidé d'en découdre une bonne fois pour toutes avec son alter égo.

ce livre est drôle, très drôle, très "speed" aussi, du moins dans une certaine mesure; et en parlant de mesure, il y a beaucoup de musique dans ce roman.

et voilà, pour une première rencontre avec Miz Yargekov, c'est une très belle rencontre, l'écriture espiègle donne envie d'en lire d'autres, beaucoup d'autres.

C'est bon pou' le mo'ale !!

ON A AIMé, pardon ADORé

John Berger

On ne présente plus cet écrivain engagé, romancier, auteur de nouvelles, peintre, critique d'art et scénariste britannique. Personnalité de premier plan, ses textes ainsi que ses prises de positions nous auront tour à tour ému (King), titillé la conscience (le 7ème Homme), réveillé nos mémoires (Monde diplo, août 2007).

Cette fois ci encore, il nous offre une très belle illustration de ce que l'humanité porte en elle de sublime en suivant les traces d'un médecin de campagne, le Dr.Sassall dont on aimerait penser que tous les confrères suivent l'exemple.

Mais Berger n'est pas seul à rendre compte et hommage à la fois, avec lui Jean Mohr, photographe et après tout puisqu'on le pense, extraordinaire photographe.

Ensemble, ils ont, pour reprendre la quat' de couv', "composé un livre unique et passionnant" où l'on saisit le privilège immense et de même la responsabilité des médecins à qui il incombe d'entretenir ce qui nous reste de dignité au(x) moment(s) où celle-ci semble nous échapper.

Extraits:

"Dès que nous sommes malades, nous craignons que notre maladie soit unique. Nous avons beau tâcher de nous raisonner, de rationaliser, une ombre de peur demeure. Et elle demeure pour une excellente raison. La maladie, en tant que force indéfinie, représente une menace potentielle contre notre être même, et nous sommes condamnés à avoir la conscience aigüe de cet être. La maladie, en d'autres termes, partage ce caractère unique. En redoutant cette menace, nous l'absorbons et la faisons nôtre. C'est pourquoi les malades éprouvent un soulagement excessif lorsque le médecin donne un nom à leur souffrance." p.69

Un métier idéal, histoire d'un médecin de campagne



"L'attitude des villageois à l'égard de Sassall est complexe. Il est intelligent, disent-ils, normal, avec un cerveau comme le sien...- puis se souvenant qu'il est des leurs, ils comprennent qu'avoir choisi d'exercer dans leur région reculée implique aussi une espèce de privilège: celui de son indifférence à l'égard du succès. Et ce privilège devient dans une certaine mesure le leur." p.107


* * *

Encore un titre impossible pour un texte impossible d'un auteur... impossible.

L'homme lesbien de Jean Markale.

L'homme lesbien

Au départ, il s'agissait de poursuivre notre réflexion sur la "question" évoquée un peu plus haut. Ne connaissant pas l'auteur mais faisant confiance à Michel (génial représentant des Belles Lettres) on s'est laissé tenter.

Excellent. Difficile d'en dire autre chose.

Les propos de l'auteur sont très audibles pour qui se donne la peine d'écouter. En substance, il avance que les hommes hétérosexuels ne sont pas condamnés à endosser la panoplie du mâle dominateur et imprégnateur. Qu'en réalité cette panoplie est principalement source de "tracas" (doux euphémisme) et que loin de leur faire perdre leur virilité (s'ils y tiennent tant que ça !) de nombreux exemples devraient les aider à saisir que le développement de leur "nature féminine" pourraient combler nombre de leurs attentes.

- Oulà !!! "nature féminine", "imprégnateur", "virilité", c'est pas Ouvrir l'Oeil qui faut vous appeler, c'est s'rincer l'oeil !!!
- C'est ça fait ton malin. En plus de découvrir plein de choses; tu sais toi ce que signifie le mot "tribadisme" ?
- Nan mais j'men gratte
- Ecoute ! inculte !! En plus de découvrir le sens de mots extraordinaires et de re-découvrir pleins de personnages non moins extraordinaires ( Wagner, Eluard, Dali ou encore l'abbé de Choisy ), tu réaliseras avec stupeur que c'est très exactement ce que tu as toujours fantasmé d'être.
- Hein ?!!
- Yes my friend, un homme tribade. Exactement, Lesbien !!

Extraits:

"Il y a un autre terme pour qualifier celles que de nos jours l'on appelle avec mépris "gouines", terme très employé au XVIIIè siècle qui ne voyait dans ces "amours saphiques" qu'un divertissement sans conséquence, celui de "tribades". Ce mot-ci provient du verbe grec tribein qui signifie "frotter" et "caresser". Force est de reconnaître que rien ne peut mieux caractériser le comportement amoureux de ces femmes. Ce sont en effet des "froteuses" et des "caresseuses". p.23

"Le macho est le pivot de la société patriarcale qui demeure incontestablement la nôtre, en dépit d'avancées certaines. Et il n'est pas difficile d'en esquisser une définition. Les caractéristiques machistes sont en effet inscrites dans la personnalité, la conscience et la sensibilité sexuelle par un ensemble de valeurs intériorisées. Parmi ces "valeurs", on peut citer la conscience qu'à le mâle d'être supérieur à la femelle du fait de sa force physique, du pouvoir qu'il a de l'amener à l'orgasme, ainsi que de la conscience de son rôle essentiel dans la procréation et la prolongation de la lignée. Il serait donc avilissant pour l'homme d'effectuer des tâches jugées féminines. Sa mission ayant longtemps été de gagner la vie de sa famille, de la nourrir, de la protéger, il a évité d'être sensible: il devenait vulnérable." p.33

[Pour le macho] "La sexualité est à la fois pouvoir et plaisir. Il y a domination sur les femmes en même temps que rivalité avec les autres hommes". p.33

site en construction

BON ON EST DESSUS,

jeu de dames

jeu de dames
Mario Bellatin

Viva Meexico !!


C'est l'année du Mexique à la foire, pardon au prochain salon du livre.

Et y fallait bien un Bellatin pour marquer le coup, loin des exotiques chiapanèques avec ou sans un zest de Zapata, le Mario vous propose ce qui fait de ce pays, le pays où rien n'est impossible, surprenant, étrange ou dérangeant parce que tout ce qui existe d'impossible, de surprenant, d'étrange et de dérangeant sur cette planète s'appelle là-bas tout simplement; le normal.

Le Mexique, l'autre pays de l'assassinat des femmes (voir des Os dans le désert), est aussi, voire d'abord, un pays où salopard et bourgeoisie riment comme dans les chansons de Gainsbourg.

Souvenez-vous, "je n'ai besoin de personne, en Harley David'son" (en insistant sur le "son").

Bellatin s'en fiche un peu, jeu de dames n'a pas vocation à en suciter...des vocations. Pas de revolucion, ni de corrido à la mémoire de tel ou tel. jeu de dame, c'est l'histoire d'un homme, riche, installé (monsieur est gynéco, au Mexique ça veut dire blindé de fric), fréquente des péripatéticiennes et accessoirement tue son enfant mais ça on nous le laisse deviner.

hein ? quoi ? mais non j'ai pas raconté l'histoire. et pour cause, y'en a deux.

et c'est là que les choses deviennent sympa, trèèès sympa.

Jeu de dames, Mario Bellatin. Gallimard. 11,50 €
Si vous aimez Alan Pauls ou Fresan, c'est pour vous
Si vous aimez Eric Emmanuel Schmitt, c'est rapé.

Tu lis et c'est tout !!

Tu lis et c\

M'en fous, raconte pas l'hitoire. Na !


"Cependant, plus directement que dans ses précédents livres, et comme de l’intérieur, il décrit avec beaucoup d’audace, la réalité oppressante, au quotidien et plus précisément au quotidien féminin, d’une certaine conception de l’Islam."

voilà, voilà, gnagna "une certaine conception de l'Islam", c'est sur le site de P.O.L et ça commence à gonfler que même chez des gens de bien on trouve des conneries sur "l'Islam méchant" sous entendu qui fait du tord à "l'Islam gentil": comprenez "sans voile" et à coup de tranche de sauss'.

Comment dire ? si encore c'était l'objet du bouquin mais non !

L'Islam ?! On s'en gratte !

Cette femme, parce qu'il s'agit d'une femme, qui se met à déballer dans une sorte de perversité cathartique des éléments de sa vie sans Lui, sans l'Homme, à côté de l'Homme est à ranger dans la série des romans qui retracent le parcours de femmes qui ont partout et de tout temps payé, et payé le prix fort pour s'émanciper.

S'é-man-ci-per !! Le caractère "islamique" ou "musulman" est largement secondaire pour ainsi dire trivial.

On aurait dit du Grisélidis Réal, pas d'Islam chez elle, pas de mollah Homard. je sais pas où P.O.L est allé chercher ça ? Et franchement ça commence sérieusement à casser les c..cheveux !!

Le pire dans l'histoire c'est que le syngué sabour relève en plus de la tradition afghane !!!

C'est bon Caroline fourest on t'a reconnu, enlève ton... voile !!

Tchou-tchouuu !!!!

Tchou-tchouuu !!!!

Mais non, ça parle pas d'trains.


"Il est évident que la fortune pour le moins tardive de ma grand-mère a joué un rôle important dans cette histoire. Sans tout cet argent, mes parents ne seraient jamais revenus s'installer dans le Finistère. Et moi-même sans doute, je n'aurais jamais quitté Brest pour habiter Paris. Mais le vrai problème est encore ailleurs, quand il a fallu revenir des années plus tard et faire le trajet dans l'autre sens, de Paris vers Brest."